14.01.2012

Les 24H02CV 2011, Un rêve réalisé !

Le défi que nous nous sommes fixé est gagné !

 

Notre vaillante 2 CV surnommée Rust'in ainsi que toute notre équipe à remporté une belle victoire !

Pas celle du classement final, non, mais la victoire d'être allé au bout de notre rêve...

 

"Le petit bolide"  de John Tomerlin et les BD de Michel Vaillant sont rangés au placard. Ces récits qui ont alimenté mes fantasmes de gosse ont laissé place au souvenir des 24H02CV de Spa-Francorchamps 2011. Rust'in, elle, trône fièrement dans l'atelier, laissant apparaître sur sa carrosserie quelques glorieuses cicatrices de la course.

 

Les mois qui précedent le grand départ furent difficiles. Le moteur prévu pour la course donne quelques signes d'inquiétude. Démonté puis remonté plusieurs fois sans succès, il faudra se résoudre à monter le moteur de réserve. Ce moteur est aussi très bon mais il délivre quelques chevaux de moins... La fiabilité étant notre principale préoccupation, l'A06/635 fera très bien l'affaire !

 

La dernière semaine est un véritable marathon : Nuits blanches pour finir la voiture et rassembler tout le matériel. Ma fille d'un an et demi est à l'hopital pour bronchiolite, dur dur.... Sans l'aide de Dom, Toto, McFly et ma très gentille petite femme qui m'épaulèrent durant ces nuits blanches, nous n'aurions jamais été prêts ! Merci à eux !

 

Monsieur Bouillard et Monsieur Legendre sont là aussi pour nous supporter ! Ils nous prêtent du matériel pour la course.

 

La voiture d'assistance est ma 2 CV de tous les jours, attelée d'une grande remorque bagagère. C'est là aussi notre fierté : Malgrès nos petits moyens, nous allons tenter d'être devant de gros Teams.


JEUDI 13 OCTOBRE 2011, 5H00.

 

Pas une minute pour fermer l'oeil cette nuit. Mon frangin, Dom et Toto m'ont donné un sacré coup de main pour préparer le départ. Une petite douche et un déjeuné sur le pouce, c'est Dom qui prendra le volant de la 2 CV d'assistance avec la remorque chargée à bloc, de nuit, sous la pluie et le brouillard, permis de conduire en poche depuis 3 semaines... Beau bâptème !

La facilité n'est décidement pas au rendez-vous et les soucis continu. Roue mal serré sur Rust'in, panne d'essence sur la 2 CV de route puis encrassement du carburateur, problèmes d'alternateur sur Rust'in...

 

Passage à Lisieux pour charger Rust'in sur le plateau derrière la C4. Retrouvaille de Lilyane, François et Denis.

 

Nous arrivons au gîte près de Francorchamps en retard et ne pouvons pas passer le Contrôle Technique de la 2 CV de course le jeudi soir.


VENDREDI 14 OCTOBRE 2011, 08H30.

 

Encore un peu de mécanique et 4H00 de sommeil pour se rendre enfin sur le plus beau circuit du monde sous un soleil magnifique. La petite route sinueuse qui mène aux paddocks restera un moment inoubliable pour moi.



Nous sommes accueillis par Yves Gablier et toute son équipe (Team Basket)qui ont déjà installés tout le stand et monté le barnum !  Nous partagerons notre stand avec eux.

Puis c'est la course pour récupérer les chaussures de prêt (Merci Yvonnic et Domi !!!!) et présenter Rust'in au contrôle. Pat (Team 2CV Mania) prends Rust'in en charge pour le contrôle et nous faisons vérifier les combis. Un petit sprint pour remplir les formalités et Martin s'installe dans le baquet pour la séance d'essais libre.
Quelle course !
Yves et Yvonnic de la Team Basket seront très présents à nos côtés et nous dépanneront à maintes reprises. Je me rends à l'évidence que notre 2CV d'assistance avec sa remorque est très loin d'être à la hauteur d'une préparation pour les 24H00. Le Team Basket nous prêtera son barnum, son frigo et même une table et des bancs. Nous profiterons d'outillage, d'un jerrycan d'essence et de main d’œuvre. Sans le Team Basket et sans la 2CV Mania, notre course aurait été une grande galère.

 

L'entraide chez les Classics nous a permis ne vivre cette aventure entourés et en confiance et de partager des super souvenirs avec de nouveaux copains !!!


1ère séance d'essais qualif, François revient après un tour où il n'a pu dépasser le 80 km/h...

La galère continue.....

Je monte dans Rust'in, accélère violement  puis prend la piste pour me rendre compte. Elle tire mal et je ne comprends pas. 3 tours plus loin et un temps chrono à 4min52, c'est le retour aux stands.... Je suis très déçu car la belle tourne comme une horloge depuis 7 mois et la voilà pour le grand jour avec tous ces soucis.... Peut-être a-t-elle le trac ?

Démontage nettoyage remontage carbu avant la 2ème séance d'essais. François et Gaël ne feront pas mieux avec un carbu qui semble ne pas donner satisfaction. Nous sommes 54 ème sur 56 voitures sur la grille de départ, 7ème Classic sur 8. Manque de connaissance du circuit ou manque de puissance, nous sommes perplexes.....

SAMEDI 15 et DIMANCHE 16 OCTOBRE, 09H00.

 

Martin prend la piste pour le Warm Up. Il rentre satisfait mais à l'ouverture du capot, le carbu baigne dans l'essence.... Que faire? il est 09H30 et il reste 5H00 avant la mise en pré-grille. Je file au stand de la 69 et parle de mon problème à Domi405. Il vient donc voir Rust'in. Eric et Alex sont déjà en train de redémonter complètement le carbu. Domi prends les choses en main et Eric et Alex s'affairent. Je tente de serrer un boulon main je suis tellement fatigué et tendu qu'il m'échappe des mains. Je laisse donc les gars travailler pendant que je regarde.

Domi est très décontracté et très cool. Il a l'air sûr de lui. Il nous donne encore conseils pour attacher le faisceau ici et là...... Ca me réconforte.

Encore le réglage du parallélisme avec un outil prêté par La 2CV MANIA et avec l'aide de Sébastien du Team Basket, quelques bricoles et Rust'in semble prête pour la course tout à l'heure. Par acquis de conscience je remets en route une dernière fois, juste à temps pour m'apercevoir qu'une petite pièce se balade entre le moteur et le volant moteur....

Aller, on y croit ! Malgrès tous ces déboires, je reste confiant et je suis convaincu que tout se passera bien! Ce sont des problèmes que nous n'aurons pas pendant la course !!!!

D'ailleurs tout semble vouloir s'arranger puisque ma petite femme vient d'arriver avec la puce qui sort tout juste de l'hopital.

 

Ces péripéties nous auront laissé aucun moment de repos. Le temps passe et l'heure du départ approche à grands pas !

 

UN BON REPAS ET C'EST PARTI!



14H30, je m'installe confiant dans le baquet et c'est parti pour un tour de mise en pré-grille avec comme prévu les Classics à l'honneur ! C'est un moment inoubliable et très beau. J'oublie presque la pression du départ et je regarde les Deuches ensemble, sur fond de sapin et de ciel bleu dans ce paysage valonné. C'est très beau !

Mise en grille. Je discute avec les copains. René me dit qu'il me montrait les trajectoires pendant le tour de mise en grille. Et oui, je n'ai pu faire que 3 ou 4 tours pendants les essais avec tous nos soucis...
Puis tout à coup, plus personne. Nous sommes seuls, seuls avec nos vaillantes 2CV.... Je vérifie le réglage su siège, attache soigneusement mon harnais, règle une dernière fois mon rétroviseur intérieur et, et....... Merde, mon casque et mes gants sont posés sur le plancher, inaccessible avec le harnais attaché!!!!!!
Je glisse mon pied droit dans le casque et le récupère ainsi. Je me rends compte que la petite caméra derrière est déjà en route et pourra tout raconter!

Tour de chauffe. Je ne sais pas trop si je dois chauffer les pneus alors je suis et imite la Basket et la Oui-oui.

Re mise en grille. Je coupe le moteur pour remettre mon horloge à 0. Je redémarre.

Et alors que je ne m'y attends pas, je vois les Deuches bondir. Je perds une poignée de secondes à desserrer le frein à main enclencher la première. Pied au plancher et je lache sechement l'embrayage. Les pneus crissent... C'est parti!

La Basket s'envole tandis que la Oui-Oui dépasse la 97. Les 2 Classics sont à gauche de la piste et je profite du trou créé par le proto BMW pour me mettre derrière lui. Je double la 97 dans le bas du raidillon puis la oui-oui en haut de celui ci. Je suis très surpris ! Rust'in semble avoir pris des ailes et les réglages du carburateur de Domi405 semble fonctionner à merveille !

Me voilà 5ème Classic à la chasse de la Basket. Je vois Sébastien dans la basket qui tient la 2CV Mania et tente de se déporter dans la longue ligne droite. Je connais le circuit visuellement mais ne connait pas la vitesse d'approche dans les virages.

 

Arrivé aux Combes en 4, je lève timidement le pied, retrograde en 3 puis repasse aussitôt en 4 pied dedans pour enchaîner le droite/gauche. Je vois mon écart diminuer.


J'attaque Bruxelles après un freinage tardif pour revenir sur la Basket. En effet, je ne veux pas me faire distancer pour "copier" les trajectoires.

Lors de mes visionnages (très nombreux) sur le net de caméras embarquées , j'ai remarqué Bruxelles et le double gauche qui ont l'air très sympa à passer. Je suis un peu ambitieux sur le gauche de Bruxelles et sort du virage sur le vibreur. Attention ici car il n'y a pas d'erreurs possible, le mur étant juste au bord de la piste en sortie de virage! J'entame la grande descente qui mène au fameux double gauche pied au plancher. Rust'in s'embale et le moteur donne tout ce qu'il a. Je reviens sur la Basket et j’aperçois la 69. Si je veux revenir, je dois bien prendre ce virage ! J'attaque peu fier le double gauche à 120 km/h et retient mon souffle pour que ça passe... Je suis collé à droite et choisi le bon moment pour prendre mon point de corde à gauche. L'arrière glisse très légèrement... C'est bon ! Grace à ce virage, mon écart avec la Basket fond. Je prends l'aspiration et arrivé à son pare-chocs, donne un grand coup de volant à droite pour la doubler.

J'arrive aux Fagnes. Je n'ai plus le circuit en tête. Je ne sais pas à quelle vitesse aborder le droite... Je repasse vite fait la 3ème en sur-régime donc je repasse aussitôt la 4. Je me rapproche dangereusement de l'extérieur et Rust'in ne peut prendre le virage comme cela..... Aie!!! Je dois couper à la corde dans l'herbe pour éviter le tête à queue par manque d'adhérence. Frayeur! Heureusement, le réglage des hauteurs de caisse n'a volontairement pas été fait trop bas pour éviter la casse en cas de sortie de piste. Je peste intérieurement, j'ai toujours dit , et mon équipe aussi, que 24H00 c'était long et qu'il ne fallait pas se prendre pour Alain Prost dans le premier tour!!!!!

Je retrouve le goudron sain et sauf, un peu refroidi et fais un signe de la main à Sébastien qui me double comme si je voulais dire "pardon, je viens de faire une connerie..."

Mais Rust'in tient bon et rejoint sa copine la Basket à l'aspi et la double à Blanchimont. Petit signe amical Je ne cache pas ma joie que cette petite mésaventure se soit plutôt bien terminée....

Plus personne en ligne de mire. Les fusée 67, 68, 69 sont déjà loin.... J'aurais du monter un AM2.
Bref, qu'importe, mon 29CV ronronne à merveille et je repasse la ligne droite des stands en 4ème position de catégorie, avec un peu de fierté je dois l'avouer. Et oui , c'est que j'ai mes copains qui me regardent et surtout Juliette!

Les protos sont loin devant. Les écarts avec les autres Classics se creusent et la solitude commence à se faire sentir. La Oui-Oui est loin dans mon rétro et un écart qui ne bouge pas au fil des tours. Je tente de rester concentrer pour ne pas augmenter mon chrono. Je repère mieux le circuit maintenant.

Pouce de la main levé et grand sourire de Tonton-Ed qui me donnent plein d'énergie en face du stand de la 69.

Arrive la horde de protos qui nous prennent un tour en à peine une heure de course! Je lève le pied et m'écarte des trajectoires pour laisser passer. La 97 en profite et revient dans mon rétro. Commence alors une bagarre inoubliable. Nous nous doublons et nous redoublons. Tout à l'aspi en ligne droite, à quelques centimètres des pares chocs avant de déboiter. Nous prenons le grand droite de Bruxelles côte côte, personne ne veut lâcher! Chaque fois, nous nous klaxonnons et nous faisons des signes amicaux. C'est GE-NI-AL!!!!! Nous passons les stands côte à côte, lui à gauche, moi à droite. Le tour suivant lui à droite, moi à gauche. Je recherche d'ailleurs photos ou vidéos de cela.

Puis c'est la crevaison pour la 97.

Plus loin, je vois la Oui-Oui sur plateau. J'apprenderais plus tard qu'un écrou de direction a lâché.

Je rentre aux stands en 4ème position de catégorie. Gaël prend place.


Le travail du Team m'impressionne. Le ravitaillement est superbe! Tout se passe nickel, sans précipitation. Tout le monde est bien à sa place, sous le regard pro de Denis.

C'est un travail remarquable que Denis , Dominique , Christophe , Alexandre , Eric , Damien , Romain P , François R , Michel , Arnaud , Julie , Juliette , Adrien , Romain G et nos chères p'tites cuisinières Lilyane et Christine et bébé Charlotte ont réalisé! Aucune personne de notre Team n'a déjà participé une seule fois à une compétition Auto à part peut être François et Denis. les 3 quarts du Team n'ont d'ailleurs même jamais mis les pieds sur un circuit Auto. C'est une très grande performance de leur part.

A la sortie de mon premier relais, je suis sur mon nuage et exprime à tous mes amis mes impressions. Puis je regarde l'écran et suite à une panne d'essence de la 69, nous sommes 3ème après un peu plus de 2H00 de course !!!!


J'apprends que la 68 aussi tombe en panne d'essence. Le but est de s'arrêter le moins souvent possible pour ravitailler afin de gagner un ou deux relais en fin de course. Cela peut faire la différence.

Cela ne durera pas. Nous repassons 4 puis 5. Nous faisons la course en rythme avec la Basket et échangeons régulièrement nos places de 5 et 6.


Après Gaël, c'est au tour de François puis Martin qui prennent leur relai de nuit avec très peu de connaissance du circuit....

Je prends mon 2ème relai vers minuit. L'heure de sommeil bâclée juste avant me met peu en confiance et j'appréhende la nuit. Je préviens Denis notre chef de stand que je pense lever le pied pour ce relais. J'ai aussi peur que la piste glisse un peu. Pour me motiver, me réveiller et me réchauffer, je cours sur place devant le stand, je chante, je crie.... Quelqu'un vient me masser le dos. Je me laisse faire. Puis au bout de 2 minutes, cela s'arrête. Je me retourne et pense que c'est un copain qui fait cela. Surprise, c'est un de nos voisins Anglais que je ne connais pas. Toute son équipe est morte de rire.

A mon tour !
Je m'élance timidement. Rust'in est bien chaude et je la sens bien. Sorti des stands en haut du raidillon, c'est la 97 qui me double!

Alors je ne roule pas "cool" comme j'avais dit mais j'attaque tout de suite.
Je fais 2 tours à son pare chocs pour me remettre en jambes et j'attaque. Je le double. Il me redouble, je le redouble.... GE-NI-AL !!! Puis Safety. Il rentre aux stands.

2 frayeurs cette nuit là : un proto me coupe la route alors que je suis en pleine trajectoire à la Source. Je freine mais en plein virage, Rust'in tire tout droit. Je ne sais pas comment nous l'avons évité mais s'il y avait eu choc, il aurait fait une belle toupie ! Puis un autre Proto me fait une queue de poisson juste avant Bruxelles et pile alors qu'il vient de se mettre devant moi. Debout sur les freins et quitte pour une belle frayeur. J'ai remarqué la nuit, que j'étais à la même vitesse que les protos dans certains virages comme Bruxelles.

1H00 de relai et j'entends l'échappement qui ronronne beaucoup.... Collier desserré sans doute ! Je décide de finir mon relais. Le bruit à l'échappement est de pire en pire.
Relais terminé, je sors de Rust'in, court casque à la tête vers la boîte où sont rangés les colliers d'échappement et crie "collier d'échappement!!!!!!"
Verdict : ils sont tous en place. C'est le silencieux sous caisse qui commence à tomber. Par économie, j'en avais monté un de réserve... Les mécaniciens le réparent avec du fil de fer donné par le Team Basket. Pour anecdote, je n'arrivais pas à retrouver le fil de fer avant de partir dans la nuit de mercredri à Jeudi alors j'ai laissé tomber en disant que ça ne servait à rien d'en avoir .

je vais dire bonjour à mes amis de la 2CV Mania et parle avec Woody et René. Je me réchauffe au système Gaz, très performant .

 

Dans la nuit, Martin tombe en panne et se range sur le bord du circuit. Il comprends vite qu'il avait coupé le contact malencontreusement en passant la 4ème! 1 minute 30 de perdu et c'est reparti. Ouf !


3ème relai. Lorsque je sort de mon sommeil, je fonce sur l'écran et c'est soulagé que je vois que ma p'tite Rust'in est toujours fidèle! Une soupe bien chaude et des barres de céréales avec le Team qui n'a pas fermé l'oeil de la nuit. Je suis vraiment redevable de leur travail !!!

L'échappement a l'air de tenir bon.

Je profite du levé du jour et de l'hécatombe des protos pour améliorer mon chrono à 4minutes39s.
Si je ne me trompe pas , c'est mieux que les 2 Classics présentes la première année qui ont fait 4minutes40s.

Nous tournons en rythme avec la Basket qui a un tour d'avance sur nous. Ils améliorerons leurs chrono à 4minutes38s dans le même tours que notre records!

 

12H00. Je commence à me sentir soulagé. Il reste 4 heures de course.

 

Mais à la 22ème heure de course, alors que je regarde les chronos de François décendre sur l'écran de liaison, je remarque que cela fait plus de 5 minutes qu'il n'est pas repassé. 5minutes30 maintenant... C'est sûr, il à un problème! Je suis inquiet et surveille un éventuel retour de Rust'in. La course et ses péripécies ne sont pas terminés !

 

Enfin, j'apperçois Rust'in dans la voie des stands. Elle s'arrête et je remarque les deux ailes avant tordus. Je lui ouvre la porte et lui demande "Y-a un problème??". Effectivement, voulant battre notre record de 4minutes39s, François s'est payé le luxe de faire un toupie et d'attérir dans le bac à gravier!!! C'est en voulant repartir que Rust'in s'immobilise. François décscends et sent une forte odeur d'essence. Il comprends que la durite d'essence est arrachée. Il se glisse sous la voiture, casque sur la tête pour tenter de la racrocher mais un commissaire de piste l'interpelle et lui dit que Rust'in doit rentrer sur plateau, ce qui signifie 10 tours de pénalité ! François cri "juste 30 secondes!!!". Le commissaire lui réponds "30 secondes, pas plus!". François enlève alors ses gants qui le gênait et racroche la durite. Il repart et rentre aux stands.

 

Quelques minutes de perdus qui creusent un peu l'écart avec la Basket mais c'est ensuite à son tour d'avoir des ennuis. Un de ses bras de roue vient de céder! Il est remplacé très rapidement mais nous repassons devant. Comme quoi rien n'est terminé avant 24H00. Nous passons la ligne d'arrivée en 5ème position sur 8 Classics avec à peine un tours d'écart entre Rust'in et la Basket. Nous sommes 27ème au général sur 56 voitures ce qui est une véritable performance compte tenu des petits moyens que nous avons et que c'est une première !

C'est après 24H00 et 2 minutes de course que nous savourons notre victoire.


Je suis un peu décu pour la Basket d'être derrière nous car leur place devant  était plus que méritée compte tenu de leur précieuse aide! Enfin c'est vrai que le classement n'a aucune importance par rapport à l'aventure humaine et mécanique que nous venons de vivre !

Merci à tous mes amis qui ont fait le déplacement pour venir nous supporter et nous aider, qui ont bien voulu faire la route jusqu'à Spa, qui n'ont pas dormi et bravé le froid (-5°C) pendant 24H00 et qui ont mangé le strict minimum qu'il y avait sur place!!! Et qui en plus nous ont remerciés pour avoir passé un bon week end, moi je dis CHAPEAU !!!



Aujourd'hui, je ne sais pas encore si nos partenaires voudrons bien nous suivre encore une année et si nous serons là en 2012.


Francorchamps, c'est un rêve, mais c'est aussi de l'argent et beaucoup de sacrifices.

A très bientôt

Jérémie

 

Martin (Marty)

 

Quand Jim m’a demandé de participer aux 24H de Spa, j’ai répondu oui tout de suite… pour faire les vidéos et les photos ! Ce n’est pas que le virus du volant me soit étranger, mais la compétition et moi, ça fait deux ! Et puis les évènements ont fait que je me suis retrouvé quatrième pilote du team Le Mans 2CV Classic.
La course était déjà lancée. Celle pour réunir les fonds et celle pour préparer la voiture. J’avoue que je suis plus à l’aise pour la première option.
Le week-end de la mi-octobre est arrivé et là, bien que j’ai plus souvent pratiqué le karting que le ski, c’est l’image des pistes enneigées qui m’est venue en tête pour décrire ce qui s’est passé ces jours-là.

Il faut bien se rendre compte, pour ceux qui n’ont pas (encore) dévalé les courbes de Spa-Francorchamps, que ce circuit est un véritable toboggan à répétition ! Près de 97 mètres de différence d’altitude entre le point le plus haut (Malmedy, juste après les Combes) et le plus bas (Stavelot). Une vraie piste noire !


C’est en n’ayant pas encore tout à fait intégré ce fait que je me retrouve au volant de Rust’in dès le vendredi, et pour trois jours. Comme mes petits camarades, j’ai à peine mon premier flocon et je me retrouve avec des skieurs chevronnés, des dévaleurs de piste, des avaleurs de neige couleur bitume !


A défaut de skis, je vérifie que mes longerons sont bien parallèles, que mon casque est bien sanglé et je mets mes gants avec soin. Les préparateurs Eric et Alex ont farté le carbu avec soin, mes chaussures ressemblent à des chaussons plutôt qu’à des après-skis, le départ est proche.


Feu vert ! Quelques mètres d’élan et il faut déjà gravir ce raidillon après la sortie des stands. Arrive la ligne droite Kemmel. Je baisse la tête pour aller plus vite, mais ça ne fonctionne pas. Une impression de remonte-pente interminable qui m’emmène jusqu'aux virages des Combes et là, ça s’anime un peu. On plie les genoux et on file à droite, à gauche, à droite. On prend un peu de vitesse et il faut tout de suite se mettre en chasse-neige avant d’aborder le super U de Bruxelles (non, pas le supermarché, le virage !).


Je me relance à la sortie, jette un coup d’œil en arrière comme toutes les dix secondes et dévale vers le Double Gauche, bien appuyé sur mes pneus à droite. Attention, une faute de carre et je me retrouve hors-piste, dans la poudreuse ! Quelques secondes plus tard et le virage serré des Fagnes est déjà là. Bon, l’erreur est permise en cas d’arrivée schuss trop rapide, mais on se retrouve un peu sur l’herbe, n’est-ce pas, Jim ?


Pas de buée sur les lunettes, c’est parfait, on respire un coup et on y retourne, je penche la deuche à gauche, je penche la deuche à droite et nous voici déjà à Stavelot, tout en bas de la piste. C’est alors qu’il faut se mettre dans la position de l’œuf pour bien préparer la remontée vers l’autre bout du circuit. Blanchimont est long, long, long à parcourir, les autres Classic nous grattent dans cette portion de la piste, la faute au poids du pilote dans la montée, sans doute ? Les pros des protos slaloment alors entre les chicanes mobiles que sont les fidèles au 602. Ah mais il y aurait des améliorées qui me doublent aussi ? Et des hybrides débridées ? Quel monde ! Mais que du beau monde. Il y a même le team des Basket qui, d’habitude, font dans le ski à bosses !


C’est alors que survient LA chicane, le passage infernal où la place est comptée dans ce couloir étroit. On pile le plus tard possible (enfin, une fois qu’on a fait environ 50 tours, quoi), on fait un beau « planter de bâton » (important, le « planter de bâton ») eeeeet on pivote ! Là , on se dit qu’on est content d’être bien calé dans son baquet plutôt que sur une banquette en moleskine, parce que le dérapage contrôlé serait DANS la 2CV ! Un coup de volant à gauche et on pousse fort sur les bâtons pour faire un bon chronoooooo, Top !
Badaboum, ce n’est pas fini, on arrive à l’épingle de la Source, là où les flots de deuches vitaminées repartent tout schuss vers devant nos stands. Un petit arrêt pour un vin chaud ? Que nenni ! Quelques centièmes de seconde pour tenter de lire cet improbable panneau tenu à bout de bras : « F » quelque chose ? « Fondue » peut-être ? Ben non, ici le régime est plutôt aux pâtes. Ah, « Fuel », peut-être ? J’espère que je ne suis pas sur la réserve !


C’est reparti pour un tour de piste noire, sensations, sensationnel. Des grandes glissades encore et encore. Des remonte-pentes, toujours un peu. Et encore un tour, et un autre, et encore un autre ! La nuit, à défaut de flambeaux, on s’aide de « longue portée » dont le nom est un peu usurpé car ils s’obstinent à éclairer devant soi alors qu’on cherche où est le début de cette fichue chicane et qu’on n’a pas envie de se retrouver dans une crevasse ou les quatre fers en l’air ! Quand le jour se lève, on a l’impression que c’est à cinq ou six reprises, tellement le relief alentour fait apparaître et disparaître le soleil.
Car oui, il a fait très beau sur la piste, cette année ! Froid, certes, la nuit, mais un temps magnifique pour que les rookies se sentent à l’aise pour faire leurs débuts. A défaut de sports d’hiver, moi je signe tout de suite pour des sports d’automne comme ça. Il faudra juste que les finances suivent, parce que si les moniteurs sont très sympas, eh ben le forfait coûte un peu cher quand même…


Allez, c’est l’heure de passer le relais. Un autre skieur de l’équipe du Mans 2CV Classic part à son tour comme une fusée et je vois passer régulièrement la blanche Rust’in dans la ligne droite comme une boule de neige géante. Je me remets au chaud dans le stand 44. « Euhh, il est encore temps pour un vin chaud, les gars ? » « Ah non, ça ne va pas être possible… Mais ce dimanche soir, c’est CHAMPAGNE !!! »

 

 

François (Francesco)

 

Bonjour à tous,

Nous parlons souvent de la gastronomie française, mais il faut savoir regarder ce qu’il se passe chez nos amis frontaliers.
Voici donc une recette belge qui nous a laissé quelques superbes souvenirs :


D’abord les ingrédients indispensables :
-une 2cv préparée de préférence par Gawel pour la caisse et par Jim pour le moteur et la mécanique périphérique.
-une bonne équipe de copains.
-un stock de pièces détachées (prévoir si possible un semi, nous ce n’était pas possible)
- un gîte à Spa avec garage (il y avait même une fosse). Ceci au cas où il faudrait changer un alternateur à minuit la veille des derniers essais par exemple. Grand jeu : jacuzzi dans le gîte pour les cuisiniers épuisés.
Ensuite, il faut se rendre à Spa, la prochaine fois il faut dire à Jim que l’ingrédient « essence » est indispensable sur l’autoroute.


Nous voilà le jour J. Chaque gastronome avait droit à plusieurs séances de régal d’une durée de deux heures, les pauses étaient nécessaires. Il fallait digérer. Au début nous prenions un peu notre temps, mais l’appétit vient en mangeant et les kilomètres furent avalés de plus en plus vite. Deux heures de bonheur, surtout en mettant la sauce. Nos cuisiniers mécanos nous avaient vraiment préparé une voiture super épicée. Bien sûr, il y a eu quelques dérapages, Francesco est sorti de table et a avalé quelques gravillons, tout ça pour manger plus vite que les copains et surtout plus vite que son gendre Jim. A éviter, cela peut provoquer une indigestion du reste de l’équipe. Jim a mangé quelques vibreurs, ça fait un peu mal aux articulations mais pas de souci !!
Quel régal de savourer cette ambiance avec l’équipe et les autres concurrents (merci à l’équipe Basket pour son accueil et à Domi pour le carbu).


En cuisine, bien sûr ne pas intervenir sans son tablier, oh pardon sans son gilet jaune et bien sûr écouter les conseils judicieux de Denis chef de rang pour éviter les pénalités.
Les panneauteurs ont eu bien du mérite, planqués dans leur congélateur.
Déguster le savoureux plaisir de voir notre bolide passer la ligne d’arrivée après 24h00 de course fût un grand moment d’émotion pour tous.


Alors pour peut être remettre le couvert l’année prochaine, il va falloir faire bouillir la marmite.
De plus, la recette on la connaît bien maintenant. Sûr, nous serons plus gourmands.
Merci à toute l’équipe et à nos concurrents si accueillants. Ils vont se reconnaître.


Lilyane et Francesco

16:54 Écrit par Jérémie Menguy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

03.03.2011

02 Mars 2011, premiers tours de roue sur le Bugatti !

  Le grand jour est arrivé!

 

    Un magnifique soleil nous accompagne pour cette belle journée. Le rendez vous est fixé à 13H00 à l'entrée principale du circuit Bugatti, juste devant le Musée automobile de la Sarthe. Rust'In sortira par ses propres moyen de l'atelier à peine 2H00 plus tôt... Elle est équipée d'une mécanique provisoire, celle qui sera en secours pour la course.

 

   La caisse à outil chargée dans le coffre, je pars en direction du Mans non sans appréhension, à l'affut du moindre bruit suspect. Les pastilles de freins à main un peu trop tendues sifflent légèrement, tandis qu'une odeur peu rassurante de graisse et de peinture chaude vient dans l'habitacle. C'est normal pour une première mise en route mais je reste attentif. Je fais un détour sur la portion routière du grand circuit, histoire de se mettre en jambes.

 

 

IMGP4435.JPG

 

 

   Arrivé sans encombre au rendez vous, la caméra de France 3 tourne déjà. Les premières interviews commencent. 14H00 arrive à grand pas et il est maintenant temps de se rendre sur la piste.

 

 

DSC_2916 [1600x1200].JPG

 

 

   J'enfile ma combinaison et mon casque. Le rêve devient concret. Je passe la première et m'insère dans la file d'attente. Les autres bolides sont vraiment taillés pour la piste. C'est un grand moment d'émotion que de me retrouver avec mon Flat Twin au beau milieu de Porsche, Alfa Roméo ou autres Lotus. Je me demande comment va s'adapter ma vaillante Deuche...

 

 

DSC_2924 [1600x1200].JPG

 

      C'est mon tour! Je m'élance timidement dans les stands. Puis à l'approche de la sortie, je donne tout dans le double corps pour exploiter au maximum mes 29 ch ! C'est que la côte avant le Dunlop est raide... La magie opère. Le caisson de résonnance qu'est devenue ma voiture dépourvue de tout habillage intérieur et équipée d'une tôle de toit en remplacement de la capote d'origine donne une vraie sensation de voiture de course.

   Sommet de côte, j'amorce pied au plancher la descente vers le virage de la Chapelle. J'attaque déjà car la séance ne dure que 20 minutes. Je sens l'arrière glisser légèrement mais je préfère garder de la réserve. Les autres voitures arrivent à des vitesses hallucinantes et je ne les vois pas toujours... Je dois rester très prudent. Je poursuis avec les épingles du musée et du garage vert. Puis, toujours pied dedans, j'arrive en bout de ligne droite à 115. Je rentre dans les "s" du chemin aux boeufs beaucoup trop vite. Je bloque les roues et rétrograde en trois, puis donne un coup de volant sec à gauche. J'arrive  trop vite dans le droite et pour éviter de faire une sortie de piste en face et me retrouver planté, je choisis de couper à la corde à droite à travers le bac à gravier.... Glissade et fracas de pierres sous le châssis. Je jette un bref coup d'oeil dans le rétro et voit les graviers sur la piste... Grosse chaleur sous le casque! Je ne vais tout de même pas casser la voiture dès le premier tour!  Je fini mon tour de piste par les "s" bleus et le virage du raccordement très agréables à négocier puis rentre dans la ligne droite des stands.  C'est sans doute le passage le plus éprouvant pour la mécanique car la 2cv à bien du mal dans ce faut plat montant. 80 puis 90 à l'heure difficilement en bout de ligne droite. Le moteur s'époumone et je ne sais trop si je dois être en surrégime en 3ème ou passer la 4ème au risque de faire chuter la vitesse de pointe.

   Troisième tour de piste, la concentration tombe et je regarde rapidement ma montre. 20 minutes à tout donner, ce n'est finalement pas facile. A Francorchamps, les relais seront de 2H00... Il me paraît donc impératif de rouler sagement et régulièrement pour soulager la mécanique et éviter les sorties de piste.

 

 

DSC_2970 [1600x1200].JPG

 

   En résumé, c'est un premier pari de gagné, très prometteur ! Il y a encore beaucoup de travail à réaliser, tant sur la voiture que dans le pilotage mais cette journée est très encourageante. J'attends avec impatience la prochaine scéance d'essai avec François, Gaël et Marc pour connaître leurs impressions.

 

   A suivre....

 

 

 

 

 

 

13:40 Écrit par Jérémie Menguy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook